Source: Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) |

Droits des femmes : à Mahagi, la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) lance une campagne pour faire évoluer les mentalités

La campagne de la MONUSCO vise à remettre en question ces stéréotypes et coutumes discriminatoires, en encourageant une masculinité positive, constructive et non-violente

KINSHASA, République démocratique du Congo, 14 janvier 2026/APO Group/ --

Alors que les inégalités de genre persistent dans plusieurs communautés de la province de l’Ituri, la MONUSCO a lancé, le 8 janvier 2026, une vaste campagne de sensibilisation à la masculinité positive dans le territoire de Mahagi, en Ituri. Objectif : encourager une transformation sociale en invitant les communautés locales à reconsidérer certaines pratiques coutumières qui mettent à mal les droits des femmes.

Des coutumes encore défavorables aux femmes

En Ituri, plusieurs organisations de défense des droits humains dressent un constat préoccupant : certaines femmes restent confinées aux tâches domestiques, exclues des instances de prise de décision ou soumises à des pratiques traditionnelles restrictives.

« Le système de patriarcat avec les coutumes et traditions qui en découlent considère les femmes et les filles comme des citoyennes de seconde zone (…) alors que les femmes, lorsqu’elles ont l'occasion d'accéder aux instances de prise de décision, ont démontré qu'elles pouvaient jouer un rôle important dans des domaines jusque-là considérés comme masculins », souligne Alain Rubenga, de la Section Genre de la MONUSCO à Bunia.

À Mahagi, certaines règles coutumières demeurent particulièrement strictes envers les femmes. Beatrice Wiyajik Amaa, cheffe du Bureau du Genre du territoire, confirme : « Il y a certaines coutumes, qui pensent que les femmes ne sont là que pour le mariage, faire les enfants, et les travaux ménagers (…) Au deuil par exemple, une femme ne peut pas parler ; la coutume ne permet pas aux femmes d’être cheffe coutumière, de transporter des cadavres, de parler de leurs propres dots. »

Certaines pratiques, comme « le lévirat », l’obligation pour une veuve d’épouser son beau-frère après la disparition de son mari, persistent encore.

Une campagne pour faire évoluer les mentalités

La campagne de la MONUSCO vise à remettre en question ces stéréotypes et coutumes discriminatoires, en encourageant une masculinité positive, constructive et non-violente. Jusqu’au 31 mars, date de la Journée nationale de la masculinité positive, des activités de sensibilisation seront organisées à destination des jeunes, des forces de sécurité et des leaders communautaires.

« Concrètement nous allons sensibiliser les jeunes (…) aux effets indésirables des stéréotypes sexistes, aux conséquences des masculinités toxiques et aux avantages desmasculinités positives (…) et aux lois qui pénalisent les violences basées sur le genre », explique Alain Rubenga.

L’objectif poursuivi : faire de Mahagi un territoire modèle, débarrassé de violences basées sur le genre, où femmes et hommes collaborent à égalité.

Des participants engagés pour le changement

Certains participants aux premières sessions reconnaissent une prise de conscience. « Nous venons de découvrir de nombreux stéréotypes sexistes que nous utilisons inconsciemment (…) lesquels stéréotypes violent leurs droits et freinent leur développement », a témoigné une participante, avant d’ajouter : « Nous nous engageons à sensibiliser nos communautés (…) Nous allons mettre en place une commission des volontaires qui va travailler au quotidien dans la sensibilisation aux masculinités positives. »

L’administrateur du territoire encourage également les habitants à adopter des comportements favorisant l’égalité réelle entre hommes et femmes.

Jean-Tobie Okala

Distribué par APO Group pour Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO).