Source: United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) | 6 days ago

Point sur la situation des réfugiés nigérians à l’Extrême-Nord du Cameroun

La région de l’Extrême-Nord compte à ce jour à peu près 90 000 réfugiés nigérians dont 58 800 sont installés dans le camp de Minawao, seul camp de réfugié dans cette région du pays et environ 33 000 vivant dans les villages voisins

Depuis le début de cette année, le HCR a observé différents mouvements de retour des réfugiés nigérians vers leur pays

GENEVA, Suisse, 14 juillet 2017/APO/ --
Suite à l’article publié par Rfi.fr le 12 juillet (http://APO.af/sSKGp9), le HCR tient à faire le point sur la situation des réfugiés nigérians vivant dans la région de l’ExtrêmeNord Cameroun afin de clarifier la situation. 
La région de l’Extrême-Nord compte à ce jour à peu près 90 000 réfugiés nigérians dont 58 800 sont installés dans le camp de Minawao, seul camp de réfugié dans cette région du pays et environ 33 000 vivant dans les villages voisins.  
Contrairement à l’information donnée par le Directeur de Publication du journal camerounais « l’Œil du Sahel » lors d’une interview sur les antennes de Rfi le soir du 12 juillet, il n’existe qu’un seul centre de transit pour les réfugiés nigérians, celui de Gourounguel situé à environ 05 Km du camp de Minawao et 60 km de la frontière. Le centre de transit de Gourounguel a pour vocation de recevoir les nouveaux réfugiés qui y séjournent pour 48h au maximum, le temps de procéder à leur screening (protection et sécurité) et de les préenregistrer avant leur transfert au camp de Minawao. 
En plus des réfugiés vivant au camp de Minawao, et qui bénéficient de la protection et de l’assistance humanitaire fournies au camp par le Gouvernement camerounais avec l’appui de la communauté humanitaire, l’Extrême-Nord du Cameroun compte aussi des réfugiés qui vivent dans la communauté hôte. Cette catégorie de réfugiés regroupe ceux qui ont été reçus dans des familles d’accueil, et ceux qui, une fois arrivés au Cameroun et ne pouvant pas évoluer plus à l’intérieur du pays du fait des contraintes sécuritaires et de la distance d’avec le centre de transit et le camp, s’installent dans des sites spontanés, parfois dans des bâtiments publics.   Le HCR et ses partenaires s’attèlent à fournir protection et assistance à tous ces réfugiés, même si les conditions de sécurité ne facilitent pas toujours le mouvement des humanitaires dans les certaines zones d’accueil des réfugiés. 
Depuis le début de cette année, le HCR a observé différents mouvements de retour des réfugiés nigérians vers leur pays.  
De janvier à juin, environ 4 317 réfugiés ont été reconduits à la frontière par les autorités camerounaises. Parmi ceux-ci, un total de 887 réfugiés a été embarqué depuis Kolofata par les forces de sécurité camerounaise et nigériane le 27 juin, en direction du camp des personnes déplacées de Banki au Nigéria.  
Entre avril et juin 2017, environ 13 091 réfugiés nigérians ont spontanément quitté le camp de Minawao pour un retour dans leurs zones d’origine, principalement à Banki et Pulka. Il s’agit ici de retours spontanés décidés et organisés par les réfugiés eux-mêmes sans consultation et sans l’appui du HCR et de ses partenaires. Certains convois ont bénéficié d’une escorte des forces de sécurité camerounaises.   Face à cette situation, le HCR a exprimé ses inquiétudes par rapport à ces retours vers des zones où les mécanismes de protection et d’assistance ne sont pas encore en mesure d’assurer un retour en toute sécurité et dignité. Le HCR a par ailleurs développé depuis quelques semaines une stratégie de sensibilisation et mène des campagnes d’information auprès des réfugiés en vue de les informer aussi bien sur les conditions dans leurs zones d’origine, que sur les dispositions de l’Accord Tripartite signé le 2 Mars 2017 entre le HCR et les gouvernements camerounais et nigérian.  
En ce qui concerne les retours forcés, le HCR continue de mener le plaidoyer auprès des autorités camerounaises pour que soit respecté le principe de non refoulement et que l’accès à l’asile reste garanti pour toutes les personnes en quête de protection internationale. C’est dans cette même optique que l’Assistant au Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés chargé de la protection séjournera au Cameroun dans la semaine du 17 au 21 Juillet 2017, après sa récente visite au Nigéria.  
Par ailleurs, les membres de la Commission tripartie chargée de mettre en œuvre les dispositions de l’Accord, tiendront leur première rencontre le 25 juillet à Abuja afin, entre autres, de travailler à la mise en place de mécanismes de retour respectueux des normes et standards internationaux en matière de rapatriement librement consenti.  
Le HCR tient à remercier le gouvernement camerounais, ainsi que son peuple, pour leur hospitalité vis-à-vis des réfugiés et encourage tous les efforts qui sont menés aussi bien par les autorités que par les partenaires humanitaires pour faciliter la gestion des réfugiés vivant au Cameroun. 

Distributed by APO on behalf of United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR).